26 Aug, 2019
vendredi, 08 mars 2019 16:20

Commémoration à la frontière de la Journée Internationale des droits des femmes

Des participantes à la commémoration du 8 mars 2019 Des participantes à la commémoration du 8 mars 2019 Photo: Archives GARR

« Nan lit pou chanjman sosyal la, fanm yo pap rete dèyè », c’est autour du thème que diverses organisations de femmes ont commémoré en partenariat avec le GARR, dans des communes frontalières, la Journée Internationale des droits des femmes le 8 mars 2019. Marche pacifique, conférences-débats, activités sportives et artistiques, telles ont été les différentes réalisations qui ont jalonné cette journée.

A Baptiste (Centre),  une marche suivie d’une conférence-débat a été organisée. Plusieurs dizaines de femmes membres du Réseau des Femmes Frontalières (REFEF) accompagnées d’hommes, ont marché pendant environ une heure dans diverses rues de ladite commune.

Elles ont scandé des slogans relatifs au respect des droits des femmes. « Fanm se wozo, La femme est un roseau !  Nou mande respè pou tout fanm, Nous demandons le respect de toutes les femmes ! Fanm yo pa dwe rete dèyè nan batay pou chanjman, Dans la lutte pour le changement, les femmes ne doivent pas rester en arrière ! Respekte dwa fanm yo, Respectez les droits des femmes !», pouvait-on entendre.

A Belladère, toujours dans le département du Centre, une conférence-débat a été organisée où les panélistes ont mis l’accent sur la lutte des femmes ayant abouti à la journée du 8 mars. Ils/elles ont passé en revue les différents instruments nationaux et internationaux qui font obligation à l’Etat haïtien de respecter les droits des femmes.

Rose-Marie Chachoute, membre du Réseaux des Femmes Frontalières, qui intervenait en la circonstance a encouragé les participantes et participants à s’engager corps et âme dans la lutte pour le respect des droits des femmes.

Pour sa part, Rigard Orbé, responsable de plaidoyer au GARR dans le cadre du projet Fwontyè San Fòs Kote, a fait état des différentes avancées réalisées en Haïti dans la lutte pour le respect des droits des femmes.

Il a profité pour saluer la création en date du 8 novembre 1994 du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes. Cette institution, selon lui, est la résultante de la longue lutte menée par diverses organisations des droits des femmes haïtiennes.

A Fonds-Parisien, section communale de la commune de Ganthier (Ouest), une journée de réflexion à laquelle ont pris part des autorités locales et représentant-e-s d’organisations féminines communautaires, a été réalisée.

Intervenant comme panéliste en cette occasion, la chargée d’assistance légale au GARR, Mme Anghie Lee Gardy Petit, estime qu'il reste beaucoup à faire pour atteindre l'égalité entre les femmes et les hommes en Haïti. Car, selon elle,  les femmes sont les catégories sociales les plus victimes en matière d'éducation et d'emploi.

«47,7%  des femmes ont actuellement un emploi en Haïti alors que, statistiquement elles sont beaucoup plus nombreuses avec un taux de 52%. Dans les entreprises privées comme  dans les entreprises publiques, les femmes occupent les postes inférieurs ayant un faible revenu  par rapport aux hommes.», a-t-elle observé.

Mme Petit a aussi fustigé le non-respect du quota de 30% minimum des femmes dans l'administration publique.

Pour elle, cette situation de déséquilibre social est due à une mauvaise représentation de la femme dans la société fondée sur le genre, expression du système patriarcal de la domination masculine.

Par ailleurs, elle a plaidé en faveur d’un changement social, commençant au niveau des foyers, des communautés, des écoles, des universités, des églises pour ensuite aboutir aux espaces politiques.

Quant à Francklyne Dorzil, elle a mis l'accent sur les violences et les discriminations faites aux femmes, avec des exemples à l'appui. Elle a égrené un ensemble de barrières sociales, légales et économiques pour dégager l'immensité des problèmes sociaux et les lacunes des textes de loi en la matière.

Pour pallier ces problèmes, la féministe a fait ressortir un ensemble de stratégies, allant de la responsabilité de la femme elle-même,  de la communauté et jusqu’à la société civile organisée.

Selon elle, les femmes doivent d'abord prendre en main  leur destin par l'éducation, par des activités économiques autonomes et aussi par la création des partis politiques féministes capables d'implémenter les politiques sociales en faveur des femmes haïtiennes.

A Ouanaminthe, une série d’activités dont marche pacifique, conférences-débats, matchs de football féminin et animation théâtrale ont été réalisées par la Plateforme genre du Nord-est (PGNE) en partenariat avec le GARR et le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF). Ces activités ont été tenues simultanément dans 6 communes du département du Nord-est notamment à Ouanaminthe, Capotille, Ferrier, Terrier Rouge, Trou du Nord et Fort-Liberté.

Les intervenantes estiment qu’il est fondamental que les femmes s’impliquent davantage dans la vie politique haïtienne en vue de faire respecter leurs droits.

Jesula Blanc, responsable de plaidoyer au GARR et coordonnatrice de la Plateforme genre du Nord-est, a encouragé les participantes à voter pour les femmes au moment de l’organisation d’élections en Haïti. Ce qui permettra, selon elle, de mieux combattre les différentes formes de violences faites aux femmes.

Soulignons que des prestations artistiques et culturelles ont été au rendez-vous. Des troupesthéâtrales créées  dans le cadre du projet Sans Fòs Kote ont sensibilisé les femmes à travers des mises en scène à Ferrier, Fort-Liberté, Ouanaminthe et à Ganthier.  

Soulignons que ces activités ont été rendues possibles grâce à l’appui financier de Norvegian Church Aid (NCA), d’OXFAM, American Jewish World Service (AJWS) et de Christian Aid.

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Dernière modification le mardi, 06 août 2019 16:31

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