18 Jan, 2020
lundi, 13 janvier 2003 14:35

Cri du Comité de Défense des agriculteurs de Pitobert (KDP),à la frontière, contre la décision du gouvernement haïtien de livrer la plaine de Maribahoux au béton des zones franches

Au cours d’un point de presse tenu le 13 janvier 2003 à Port-au-Prince, le Comité de Défense de Pitobert, (KDP) a vigoureusement dénoncé le contrat signé par le gouvernement haïtien avec l’industriel dominicain Fernando Capellan pour l’implantation à la mi-janvier, d’une zone franche industrielle dans la fertile plaine de Maribahoux dans le Nord-Est du pays.Face a la mobilisation contre ce projet, le gouvernement Aristide-Neptune avait laissé croire qu'un autre site d'implantation serait retenu en lieu et place de Pitobert. Mais, ce n'était qu'une manoeuvre, selon le KDP qui affirme que le nouveau site choisi, "Nan Kakawo", est l'emplacement le plus fertile de la Plaine de Maribahoux.Alors que l'attention de la population, à la fin de l'année 2002, était tournée vers la question des produits pétroliers, le gouvernement négociait en catimini avec Capellan, proteste le Comité de défense de Pitobert qui a renouvelé sa revendication majeure : «Pas de zones franches dans la plaine de Maribahoux qui nécessite surtout l'irrigation ».Texte de la conférence :" LA PLAINE DE MARIBAHOUX NE PEUT ACCUEILLIR UNE ZONE FRANCHELA PLAINE DE MARIBAHOUX DOIT ETRE IRRIGUEE"Depuis le jour où les gouvernements haïtien et dominicain ont pris la décision d'implanter une zone franche dans la plaine de Maribahoux située à Ouanaminthe, plusieurs organisations nationales, régionales et internationales n'ont cessé de dénoncer ce projet de l'Etat de détruire une terre cultivable surnommée le grenier du Nord-Est par les paysans eux-mêmes à cause de sa fertilité. Ces organisations ont réalisé plusieurs activités pour signifier leur refus de ce projet irresponsable et sensibiliser la population aux éventuels impacts de cette zone franche sur l'environnement de la région. Citons: les mobilisations du 1er et du 18 mai 2002 et surtout la rencontre internationale à Ouanaminthe du 14 au 16 octobre 2002 durant laquelle des représentants de diverses organisations nationales et internationales ont apporté leur solidarité aux paysans de Maribahoux menacés d'expropriation sans dédommagement. Plusieurs conférences de presses et articles publiés dans les journaux ont contribué à informer la population sur l'évolution de ce dossier. Différents secteurs comme le GARR, la PAPDA et le comité de défense de Pitobert ont joué un rôle prépondérant dans cette affaire.Les actions menées par ces différentes organisations ont poussé le gouvernement haïtien à sortir un communiqué pour annoncer un déplacement démagogique du site devant accueillir la zone franche. Ce communiqué visait à tromper la vigilance de l'opinion publique et en profiter pour installer la zone franche sur autre terre fertile appelée " Nan Kakawo" située de l'autre côté de la rivière à seulement quelques mètres de l'ancien site. Les gouvernements haïtien et dominicain persistent à vouloir démolir le potentiel agricole de la région. Profitant du climat politique tendu actuellement en Haïti et du fait que l'attention de la population, à la fin de l'année 2002, était tournée vers la question des produits pétroliers, le pouvoir Lavalas a signé un accord secret avec l'industriel Fernando Capellan sans en informer le peuple haïtien. Tandis que M. Capellan annonce pour la mi-janvier 2003 le début des travaux de construction de la zone franche, aucun officiel du gouvernement n'a jusqu'à présent jugé nécessaire de rencontrer les autorités locales et autres personnalités de Ouanaminthe pour écouter leur avis sur ce projet de zone franche. Aujourd'hui encore plusieurs aspects de ce dossier restent inexpliqués. Tous les secteurs de la nation s'interrogent sur la durée du contrat, le nombre et la nationalité des ouvriers susceptibles de travailler dans l'usine, le salaire de ces travailleurs et utilisation des bénéfices réalisés par la zone franche au profit de la production nationale et des activités sociales. D'autre part, la question qui inquiète davantage la population est de savoir si la sécurité dans la zone franche sera garantie par l'armée dominicaine comme ce fut le cas lors de la cérémonie inaugurale.Actuellement, la saison des semailles arrive et les paysans commencent déjà à préparer la terre. Aucun officiel du gouvernement ne les a encore contactés pour un éventuel dédommagement alors que l'industriel dominicain Fernando Capellan annonce pour bientôt le début des travaux de construction de la zone franche.Nous soulignons le caractère illégal du contrat liant le gouvernement Lavalas à l'homme d'affaire dominicain car la constitution haïtienne stipule qu'aucun étranger ne peut posséder de terres dans la zone frontalière. Nous rappelons à la mémoire des Haïtiens les mauvais traitements endurés par les bracéros haïtiens dans les bateys dominicains et les conditions humiliantes dans lesquelles nos frères sont régulièrement rapatriés. La zone franche est-elle une manière de transporter l'asservissement des haïtiens par les Dominicains sur le sol national même.Nous faisons remarquer aux analystes que les Dominicains contrôlent l'économie dans la villede Ouanaminthe. Ils monopolisent plusieurs secteurs de la vie commerciale tandis que les commerçants haïtiens ne peuvent traverser pour aller vendre leurs produits dans un marché prétendu binational.Ce projet de zone franche démontre la volonté des dirigeants haïtiens de transformer la zonefrontalière en une colonie dominicaine et d'augmenter les conflits entre les deux pays.Face à l'irresponsabilité des dirigeants haïtiens dans la conduite du dossier sur la zone franche, nous, du Comité de Défense de Pitobert, nous déclarons que :v La zone franche ne peut s'établir dans la région frontalièrev Aucune zone franche ne doit s'établir sur des terres fertiles disponibles encore en Haïtiv Le devoir du gouvernement haïtien consiste à irriguer la plaine de Maribahoux et à encadrer les cultivateurs haïtiens pour augmenter et améliorer la production nationale.Nous comptons sur la solidarité des entrepreneurs, des syndicalistes, des professionnels, des étudiants, des jeunes, des groupements de femmes, des paysans et de tous les secteurs intéressés à nous appuyer dans la lutte contre l'implantation d'une zone franche sur la plaine de Maribahoux et à exiger du gouvernement haïtien l'irrigation de ladite plaine. Le Comité de Défense de Pitobert
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Dernière modification le samedi, 01 janvier 2000 00:00

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